Faïence émaillée et vase original d'Amarena Fabbri
40 × 70 × 100 cm
La beauté de cette œuvre d'art réside dans la force ambiguë qu'elle libère, générant un heureux court-circuit sur le plan formel et symbolique.
Le rouge qui coule des mâchoires du dragon est-il du sang ou du jus de griotte ? Et son atterrissage maladroit, ailes déployées, sur sa proie, est-ce une victoire (le vase s'est cassé) ou une défaite (le dragon est blessé) ? La réponse se trouve dans la culture pop de ce jeune céramiste, deuxième au 55e concours international du Prix Faenza 2007, et sa vision Global Fantasy nous invite à rêver d'Eragon chevauchant le dragon bleu Saphira, plutôt que de l'archange Michel. Son dragon friand de sirop regarde plus vers l'est que vers l'ouest, devenant un symbole de fertilité et de bonne fortune, comme en Chine et au Japon où cet animal légendaire est peint sur des vases, brodé sur des brocarts, coulé dans des becs de bronze en protection des fontaines et célébré, au moins une fois par an, par des fêtes et feux d'artifice. Dans la créature féérique de Salvatori, cependant, nous semblons percevoir une morale : aucun ennemi ne peut le vaincre, sauf la bonté.